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Chap 19: Le départ
Vers les 8h00, Harry entendit du bruit au salon. Lui et Ron tendirent l’oreille pour écouter les voix. Il y en avait quatre en tout. Harry reconnu Mr et Mme Weasley car Molly sanglotait et la voix d’Arthur était celle qu’Harry entendait le mieux. Malheureusement, il captait les autres sonorités, mais sans savoir de qui il s’agissait. Harry comprit alors à qui ces voix appartenaient quand Ron lui chuchota :
- C’est l’heure, il sont arrivés.
Effectivement, ils s’étaient dit la veille, qu’ils descendraient quand leur deux autres compagnons seraient là.
Harry sortit de son lit où il n’avait somnolé que quelques heures, tout comme le rouquin. Tous deux se préparèrent en silence, chacun de leur côté. Ils rangèrent leurs dernières affaires, le strict nécessaire dans un sac. Harry avait rêvé de ce moment où il partirait afin d’accomplir sa tache, mais il ne pensait pas être si malheureux. Il ouvrit le tiroir de sa table de nuit et y retira la bague que lui avait donné Lupin , le jour de son anniversaire. Il la regarda un instant, la faisant scintiller grâce aux rayons du soleil qui filtraient dans la pièce. De son père, il possédait certaines choses, comme sa cape, son physique et son courage démesuré sans oublier le goût qu’ils avaient en commun pour les belle rousses aux yeux verts. Ses yeux, ils les devaient à sa mère et s’était l’une des rare chose qu’il lui restait d’elle, ça et sa bague. Après un dernier regard, il la fourra dans sa poche puis ce tourna vers Ron qui contemplait sa chambre avec nostalgie :
- Tu es prêt ?
- Oui Harry, je ne ferai pas marche arrière, à aucun moment. J’ai toujours été le dernier fils de cette famille. Le dernier à aller à Poudlard, celui qui récupérait ce qui restait, celui qui devait être à la hauteur de ses frères aînés. Et là, j’ai la possibilité de faire quelque chose qu'ils n’ont pas fait, et en plus c’est quelque chose de bien. Alors oui, je suis prêt. J’ai juste peur de partir et de ne jamais revoir ma famille.
- Moi c’est pareil, même si je n’ai plus de famille.
- Vas dire ça à ma mère ! " Tu n’as plus de famille" ? ! Je crois que tu le veux ou non, tu sera toujours le sixième frère que j’ai jamais voulu avoir !
Tous deux se mirent à rire puis se turent. Enfin, Ron tendit la main à Harry et lui dit :
- Merci Harry. Merci d’avoir été mon meilleur ami, malgré les tensions.
Harry lui serra la main avant d’ajouter :
- Il n’y a pas de quoi. Toi aussi, je te remercie de ne m’avoir jamais laissé tomber, à par peut être une fois ! Lui dit il en riant.
Ron rougit avant de prendre son meilleur ami dans ses bras, un centième de seconde.
Il s’écartèrent, prirent leur sac et avant que Harry ne franchisse la porte, son meilleur ami lança à voix haute en regardant une dernière fois ses posters :
- La seule chose qui va réellement me manquer, c’est nos parties de Quidditch. Je parle à Poudlard. J’aurais bien voulu voir une dernière fois Ginny fracasser la tête de Zacharias Smith !
Ils sortirent enfin et s’approchèrent de la chambre où Hermione et Ginny dormaient habituellement. Harry appréhendait de voir Ginny ouvrir. Quand il frappa, il fut quelque peu soulagé de voir une Hermione aux yeux rouges derrière la porte. Elle lui sourit faiblement et le prit dans ses bras. Après une brève accolade, elle se dégagea, salua Ron brièvement sans le regarder et descendit avec eux au salon, où plusieurs personnes parlaient.
Quand Harry arriva en bas, il y avait plus de personnes qu’il ne le pensait. Il aperçut Hagrid, dans un coin qui avait sorti son grand mouchoir à pois, quelques personnes de l’Ordre, qu’il n'avait que très rarement croisé. Bill, Fleur, Charlie, Fred et Georges entourant Tonks qui avait délaissé sa couleur rose pour un brun plus discret. Remus quant à lui, discutait avec Maugrey, Kingsley et Arthur. Molly elle, pleurait sur l’épaule de Ginny, qui la berçait tendrement en essayant de la réconforter. Quand il aperçut la jeune fille, le cœur de Harry se brisa. Il devait lui dire au revoir mais il n’en avait pas envie. Si ça ne tenait qu’à lui, il s’enfuirait avec Ginny, pour rester seul avec elle à la serrer dans ses bras. Ses yeux commencèrent à le brûler alors Harry décida de faire comme si il ne l’avait pas vu pour que personne ne s’aperçoive de son malaise. Les gens autour d’eux arrêtèrent leur discutions et se tournèrent vers nos trois amis. Harry se dirigea vers Lupin pour lui parler puis les conversations reprirent. Hermione partit de son côté essayer d’aider Ginny avec sa mère, pendant que Ron, lui, fut parti voir Tonks.
Quand Harry arriva près de lui, Remus le prit par le bras et l’amena à l’écart.
- Ca va ? Tu es prêt ?
- Oui merci. Nous avons préparé nos affaires et nous sommes prêts à partir, lui répondit le jeune sorcier de moins en moins sûr de lui.
Son ancien professeur s’en aperçut et posa sa main sur son épaule :
- Harry, dis moi ce qui ne va pas. Si tu ne le dis pas tout de suite, ce sera pire par la suite et tu sera rongé de l’intérieur. Fais en mon expérience il ne faut jamais garder pour soi ses sentiments.
Harry lui était reconnaissant de se soucier de lui, c’est pour cela qui lui répondit, un peu à contre cœur :
- Il faut que nous partions, maintenant et je le sais, mais j’ai peur de m’en aller.
Le lycanthrope le gratifia comme à son habitude d’un faible sourire avant de répondre :
- C’est normal Harry. Nous tous qui partons aujourd’hui ressentons ton angoisse mais peut être différemment. Mais nous la surmonterons ensemble.
Harry lui sourit à son tour, comme si le fait de lui dire une simple phrase réconfortante avait le pouvoir de le calmer, un brin.
Remus enleva enfin sa main de son épaule puis se tourna vers les autres. Il se racla la gorge, regarda Harry une dernière fois avant de déclarer :
- C’est l’heure. Nous devons partir, maintenant.
Cette annonce fut comme un coup de poignard pour Molly qui pleura encore plus à grosses larmes sur l’épaule de Ginny. La jeune fille avait pâli en entendant ces quelques mots. Arthur vint chercher sa femme et la supporta de tout son poids pour libérer Ginny et qu’elle puisse dire au revoir aux futurs héros.
Sans vraiment le vouloir, les gens s’écartèrent pour laisser le passage aux cinq compagnons. Le silence s’installa , quelque fois brisés par les sanglots de Molly qui avait fini par se calmer un peu dans les bras de son mari. Voyant que personne ne voulait faire le premier pas pour saluer les autres, Nymphadora lança :
- Bon, puisque c’est le moment…
Puis elle se dirigea vers la famille Weasley. Elle embrassa les fils présents, mourut presque étouffé par Fleur qui ne voulait pas la lâcher. Elle prit Arthur dans les bras avant de s’élancer dans ceux de Molly qui la serra fort contre elle. Les yeux de la jeune sorcière lui brûlèrent. Mme Weasley s’était toujours comportée comme sa seconde maman, l’avait adoptée dès leur première rencontre. Et les autres membres de cette famille était tous aussi adorables. Elle avait lié une amitié avec le frère aîné qui avait son âge, faisait souvent des concours de blagues avec les jumeaux, parlait Quidditch avec Charlie... Mais la personne avec qui elle avait tissé le plus de liens était sans nul doute la seule fille dans cette famille de garçons. La petite Ginny, qui s’était forgé comme elle, un caractère d’acier pour se faire accepter dans ce monde d’hommes. Et maintenant, il fallait lui dire adieu. Elle se mit à sa hauteur, lui sourit faiblement. Les yeux verts de la jeune rousse étaient emplis de larmes. Elle lui rendit un sourire malheureux avant de lui sauter dans les bras en sanglots. Nymphadora voyait Ginny comme la sœur qu’elle aurait souhaitée avoir. Voyant la tristesse que ressentait l’adolescente, elle la serra encore plus fort contre elle, comme pour essayer de la protéger. Cette journée allait être extrêmement dure pour l’adolescente. Elle allait voir partir trois amis, son frère et le garçon qu’elle avait toujours aimé. A sa place, la jeune aurore aurait déjà explosé en sanglots. Elle se dégagea enfin, lui sourit une dernière fois, lui déposa un baiser sur le front et juste avant de partir saluer les autres, elle ajouta à son adresse :
- A un de ces jours !
Ginny rigola nerveusement avant de la laisser partir. Par la suite, la sorcière dit au revoir à ses collèges, ses quelques amis, puis s’installa vers les bagages pour attendre les autres.
Pendant qu’elle avait dit adieu à Ginny, Remus de son côté avait salué les autres sorciers. Tous le prirent dans leurs bras quelques instants, comme pour le remercier d’être ainsi, un homme généreux et courageux. Il eut même droit à une tape dans l’épaule de Hagrid qui failli le faire basculer et deux gros baisers humides sur les joues de la part de Molly pour lui montrer toute son affection. Une fois les saluts effectués, il rejoignit Nymphadora qui le prit par la main.
Voyant que leur tour était arrivé, les trois amis se séparèrent pour dire adieu aux sorciers présents sous ce toit.
Ron, pour sa part se dirigea vers Hagrid qui se mouchait bruyamment. Quand il le vit arriver, il le prit dans ses bras. Ron en eut le souffle coupé quelques secondes puis le semi-géant le reposa par terre. Il alla ensuite saluer les autres membres de l’ordre avant de se diriger vers le reste de sa famille. Il ne pensait pas être si malheureux en les quittant. Ses yeux le picotèrent mais il ne fallait pas qu'l pleure, il devait leur montrer sa détermination. Il alla vers Charlie qui le prit dans ses bras et lui murmura : « Fais gaffes à toi p'tit frère ! ». Ron lui sourit, puis se dirigea vers les jeunes mariés. Bill le serra à son tour contre lui et lui dit : « Bonne chance Ron, reviens nous en vie, OK ? ! ». C’était plus une affirmation qu’une question. Il fut ensuite attrapé par Fleur qui venait de surgir:
« Oh ! Ronald, fais attention à toi ! Ton frère et moi voulons que nos enfants connaissent leur tonton Ronnie ! ». Après lui avoir fait part de sa requête, Fleur l’embrassa sur les deux joues puis se jeta dans les bras de son mari. Ron était écarlate. Quand il arriva devant Fred et Georges, il s’attendait à juste un « bonne chance » mais ses deux frères le surprirent en le serrant dans leur bras furtivement. Ron pensait qu’il allait se moquer de lui mais à la place, ils lui sortirent une petite remarque pour détendre l’atmosphère :
- Bonne chance Ron-Ron ! Tu en aura besoin, lui dit Fred
- Oui ! Et puis maintenant, tu arrivera peut être à être digne de porter le même nom de que nous, ajouta Georges
- Peut être même que nous finirions pas accepter le fait que tu sois de notre sang, mais ça ce n’est pas sûr encore ! Plaisanta Fred.
Ron leur sourit, comprenant qu’il allait leur manquer. Ce fut au tour de son père de le prendre dans les bras. Le picotement aux yeux se fit plus intense. Arthur lui souffla avant de le laisser partir :
- Je n’ai jamais été aussi fière d’avoir un fils.
Ron fut touché par ce compliment et lui répondit avant que sa mère ne se jette à son cou :
- Merci papa. Au revoir.
Par la suite, Ron eut l’impression de se retrouver en première année quand il avait faillit finir asphyxié par une bouture de filet du diable. Sauf que là, la plante avait laissé la place à une mère désespérée. Molly n’arrêtait pas de pleurer sur l’épaule de son fils, qui lui disait des paroles rassurantes, comme quoi il ne partait pas pour toujours, qu’il reviendrait, qu’elle aurait de ses nouvelles, mais rien à faire. Il commença à se demander si les autres autour d’eux les observaient. Il se décida donc à lui dire qu’il fallait qu’il parte et qu’il fallait qu’elle le laisse s’en aller. Elle réprima un sanglot et lui susurra à l’oreille : « Je t’aime tant mon petit » avant d’éclater de nouveau en pleure. Ron l’embrassa sur la joue puis se détacha enfin de son étreinte. Il croisa Hermione en pleure, puis se dirigea vers sa sœur. Celle ci avait le visage ruisselant de larmes. Il lui sourit avant de lui dire à l’oreille : « Je veillerais sur Harry je te le promet ». Ginny le prit pour la première fois dans ses bras. Ron sentit son cœur se serrer. D’habitude, elle lui envoyait des claques plutôt que de le prendre dans ses bras. Elle approcha à son tour sa bouche de l’oreille de son frère, avant de lui dire en sanglotant : « Merci. Mais veilles sur toi aussi frérot. J’aimerais te botter les fesses quand tu rentreras. » Ron acquiesça de la tête et vint de placer aux côté de Tonks.
Pendant que Ron avait dit au revoir à Hagrid, Hermione de son côté était parti saluer la famille Weasley. Tout se passa bien, puis la mère de Ron la serra fort contre elle pendant quelques instant. Hermione la laissa faire. Elle aurait tant aimé pouvoir dire adieu encore une fois à ses parents. Avant de la laisser partir, Molly lui demanda : « Surveilles ro-Ron ma ché-chérie. Je sais, sais qu’il tient beau-beaucoup à toi. Vous seriez si mi-mignon tous les deux ».
Hermione se sentit rougir et pour seul réponse secoua la tête. Elle ne voulut pas dire au revoir à Ginny tout de suite. Elle alla donc voir Hagrid qui lui réserva le même sort qu’à Ron puis salua les autres sorciers avant d’aller voir son amie. Dés qu’elle fut à sa hauteur, Ginny lui sauta au cou. Se geste d’amitié fit craquer Hermione qui fondit en larmes tout comme la rouquine. Durant leur étreinte, Ginny lui susurra doucement près de l’oreille pour que personne ne l’entende :
- Je veux pas que vous me laissiez ! C’est trop dur.
- Moi non plus, mais il le faut lui chuchota Hermione en guise de réponse.
- Jure moi alors que tu feras tout pour avouer ce que tu ressens à mon frère. Ça sera déjà ça.
- Ginny, ce n’est pas la peine… Il le sait déjà et ça n’a pas marché.
- Re tente, on ne sait jamais. Et puis je n’y crois pas ! Regarde moi et Harry, cinq ans pour arriver à mes fins. Mais toi et lui, je suis sûr que quelques jours suffiront pour qu’il comprenne.
Hermione n’en était pas sûr. Elle avait dévoilé ses sentiments trop vite à son goût et elle voyait très bien qu’il ne ressentait pas la même chose qu’elle. Il n’avait rien dit ni fait pou lui montrer. Mais elle ne voulait contrarier plus que ne l’était déjà Ginny et après une dernière embrassade, partit en direction des bagages. Sur le chemin, elle croisa Ron, mais détourna aussitôt le regard. Elle se sentait tellement mal à l’aise.
Harry, lui, avait commencé de saluer les membres de l’Ordre. Chacun leur tour lui dirent qu’il était courageux, que ses parents seraient fières de lui. Après les avoir remercié, il se dirigea vers Hagrid qui fondit littéralement en larmes en l’écrasant contre lui. Il lui expliqua qu’il n’avait jamais rencontré quelqu’un comme lui, à part peut être James et Dumbledore, capables de tout laisser pour sauver ses amis. Il lui offrit un vif d’or qu’il avait volé à Poudlard pour lui en faire cadeau. Harry en fut touché et pour la peine il eut droit à une deuxième embrassade.
Il se dirigea alors vers la famille Weasley. Il avait le cœur serré en leur disant au revoir. Fleur, l’enlaça longuement en lui disant combien il était courageux, qu’elle se souviendrait toujours de la fois où il avait sauvé sa jeune sœur. Par la suite, les jumeaux lui dirent adieu, puis Arthur et enfin Molly. Elle fit pareil qu’à Ron. Elle ne voulait le lâcher, mais enfin il arriva à se dégager pour se diriger vers la dernière personne qu'il lui restait à voir et à qui l’adieu allait être déchirant.
Harry prit son temps pour s’avancer vers Ginny. Plus il arrivait à son but, plus son cœur le serrait, plus il avait du mal à respirer correctement. Il prit son courage à deux mains et se plaça devant elle. La jolie rousse n’osait le regarder. Ses larmes s’écrasaient au sol et Harry l’entendait sangloter en silence. Elle devait être aussi effondrée que lui à ce moment là. Il voulut parler, mais sa voix avait comme été effacée, et à la place, il y avait une boule énorme qui lui compressait la gorge. Sachant que c’était peut être la dernière fois qu’il la verrait, la toucherait, lui parlerait, Harry rassembla le dernier brin de courage qu’il avait en lui et s’approcha d’elle. Ginny sentit son souffle se rapprocher d’elle. Avec la plus grande tristesse qu’elle n’avait jamais ressentie à présent, elle releva la tête pour apercevoir le garçon de ses rêves. D’ordinaire quand elle voyait le visage de Harry, elle avait envie de sourire, mais là, elle avait envie de hurler. Quand leurs regards se croisèrent une épée tranchantes leur traversa le cœur. Ils avaient beau s’être parlés de ce moment, du moment où il devrait partir, Ginny ne s’était pas résolue à l’accepter. Son rêve serait de s’échapper avec lui pour le restant de ses jours, sans guerre, mangemorts, magie. Juste avec Harry, pour l’éternité. Les yeux de Harry lui faisaient atrocement mal et il savait que les larmes viendraient si il ne se dépêchait pas de lui dire adieu. D’avoir cette pensée, ce fut comme un déclic et la gorge de Harry se libéra enfin. Il approcha sa visage de celui de Ginny, sentant le monstre en lui renaître, mais cette fois ci, il lui arrachait le cœur. Il approcha ses lèvres de la joue humide de la jolie rousse et y déposa un baiser. Au contacte de leur peau, Harry crut que son cœur explosait tout comme celui de Ginny, un peu plus loin. Elle ferma les yeux, comme pour se retenir de crier sa détresse. Sentant que le moment de partir était venu , Harry déglutit une dernière fois avant de lui dire à l’oreille :
- Je suis désolé Ginny… Je t’aime.
Ce fut de trop. Ginny éclata en pleure lorsqu’elle entendit ces derniers mots. Elle se jeta à son cou pour l’empêcher de la laisser là, désespérée et profondément amoureuse. Harry oublia où il se trouvait, plus rien ne comptait à part Ginny et son parfum de fleurs qui l’enivrait. Il la serra fort contre lui. Il ne désirait plus partir, partir loin de celle à qui appartenait son cœur malgré lui. Il s’était juré pourtant de ne pas craquer, de rester fort pour les autres, mais il ne pouvait faire autrement car son cœur était en miettes depuis tant d’années, et la seule personne capable de recoller les morceaux était tout près de lui. Ginny mit sa tête au creux de son cou et ferma les yeux. Tous les gens autour les regardaient. Certains souriaient tristement et d’autres paressaient incrédule. Sauf Molly qui se mit à pleurer de plus belle.
Au bout d’un moment, Ginny se calma et en mêlant sa voix et son chagrin elle le supplia :
- Harry, ne pars pas, ne pars je t’en supplie ! Je t’aime trop, je ne veux pas te voir partir. C’est injuste. Dis moi que tu restes ? ! Je me suis trompée, je ne veux pas te voir t’en aller.
Harry se décolla de sa peau pour la contempler. Elle était belle, plus belle qu’avant. Malgré ses yeux rouges et son visage plein de larmes, Harry ne l’avait jamais trouvée aussi magnifique. Il lui essuya d’un revers de main une larme qui s’était perdu près de ses lèvres puis lui répondit en plongeant son regard dans le sien :
- Ginny. Je voudrais tellement rester avec toi à jamais mais je ne peux pas. Il faut que je m’en ailles.
Il se dégagea de ses bras qui l’enlaçaient. Il vit le regard de la rouquine se remplirent à nouveau de larmes énormes. Puis il plongea sa main dans sa poche de jeans. Il y sortit la bague de sa mère. Il la contempla une dernière fois, plus la mis dans la main de Ginny. Elle paraissait ne pas comprendre.
- C’est la bague de fiançailles de ma mère. J’en ai hérité et c’est la seule chose qu’il me reste d’elle. Je voulais te la donner parce…
- Non Harry, tu ne peux pas me donner ça ! C’est trop précieux pour toi ! la coupa Ginny en regardant la bague
- Oui. C’est bien pour ça que je veux te la donner. C’est la chose la plus importante pour moi concernant la personne que j’ai aimé le plus à part toi. C’est la seule que j’ai vraiment aimée, mais je crois que je t’aime encore plus. Je veux donc que tu la gardes en souvenir de moi. Je t’aime Ginny.
Personne autour n’avait entendu leur conversation. Ils parlaient bas pour que ce moment ne soit qu’à eux. Ginny serra fort la bague entre ses doigt en réprimant un sanglot. Harry profita de ce moment pour se retourner et ainsi partir mais une main attrapa la sienne, un main douce et chaude. Il fit demi tour à nouveau. Ginny le regardait dans les yeux, une main dans la sienne, l’autre tenant fermement la bague de Lily. Ginny articula, sans parler, ses quelques mots qu’Harry comprit tout de suite, puisque c’était ce qu’il avait envie de faire lui aussi :
« Embrasses-moi »
Mais au fond de lui, il savait qu’il ne fallait pas, alors il ne fit rien. Ginny sut qu’il n’avait pas le courage de le faire et de ne pas le faire à la fois. Elle se rapprocha et lui dit :
- Alors c’est à moi de le faire.
Leurs cœurs battaient la chamade. Harry voyait se rapprocher dangereusement le visage gracieux de Ginny. Il aurait voulu partir en courant mais ses pieds restaient immobiles. Elle lui prit les mains, avança encore un peu plus. Leur souffle chaud se mêlèrent. Ginny ferma les yeux et inclina la tête. Harry fit de même. Leur lèvres se frôlèrent, se touchèrent pour enfin ne faire qu’une. Tout autour d’eux n’était que calme et bonheur. Ils étaient seul au monde. Harry se laissa aller, savourant cette instant magique. Il prit Ginny par la taille et la cola contre lui. Elle de son côté avait l’impression de rêver, de flotter. Voyant qu’il profitait enfin de leur dernier instant ensemble, Ginny enroula ses bras autour de son cou puis passa une de ses mains des ses cheveux rebelles. Leur simple baiser devint tendre, plein d’amour jusque là caché. A sa grande surprise, ce fut Ginny qui arrêta leur échange. Harry eut l’impression d’atterrir brutalement sur la terre ferme. Les voix autour se refirent entendre. Ils ouvrirent enfin les yeux, le plus tard possible pour profiter encore un peu de ce moment magique. Elle lui prit le visage dans les mains et plongea son regard dans le sien. Le jeune homme était comme hypnotisé. Les larmes recommencèrent à couler le long des joues de Ginny. Quand elle prit la parole, c’était d’une voix pourtant claire, sûre d’elle :
- Moi aussi Harry. Moi aussi je t’aime.
Le monstre dans son ventre se tordit. Les larmes coulèrent toutes seules le long de ses joues. C’était la première fois qu’il se sentait si aimé par quelqu’un, quelqu’un qu’il aimait lui aussi de tout son cœur, mais il lui était interdit à présent.
Harry entendit derrière lui, Mme Weasley qui sanglotait de plus belle en disant :
- Je n’aurais jamais pensé que…ohohohohoh ! sanglotait elle
Ce fut comme un déclic pour le jeune survivant. Il comprit qu’il avait déjà pris trop de temps, qu’il fallait qu’il parte et cela dès maintenant. Ginny le comprit et se mit à pleurer de plus belle. Ne pouvant partir en ayant comme dernière image d’elle, une fille désespérément triste, Harry la reprit brièvement dans ses bras et lui déposa et simple baiser sur les lèvres. Par la suite il se décolla tout à coup et se dirigea vers Ron et Hermione. Il entendit Ginny souffler un merci.
Pendant que Harry et Ginny se ditsai au revoir, Hermione essayait de retenir ses larmes. Voir ce si beau coup,le tout juste formé se séparer lui brisait le cœur. Et puis Ron, juste à côté d’elle, qui n’osait la regarder le lui brisait aussi. Pourquoi ne pas lui avoir dit de suite qu’il ne l’aimait pas ? Pourquoi ne pas l’avoir rejeté ? Il aurait pu au moins faire ce geste. Elle qui avait mit tant de temps à admettre ses sentiments. Cette pensée fut trop forte et elle ne put plus retenir un sanglot, un sanglot rempli de tout le regret qu’elle avait accumulé par rapport à sa relation avec Ron durant toutes ses années. Elle ferma les yeux et sentit, une main lui prendre la sienne. Elle ouvrit les yeux pour voir de qui il s’agissait. Dans sa main, se trouvait celle de Ron. Elle crut rêver. Elle releva la tête pour apercevoir celle du rouquin. Il la regardait et lui aussi paressait triste. Mais il eut le courage de lui sourire. Ce sourire, Hermione n’en avait jamais vu d’aussi communicatif. Il signifiait tant de choses. Elle comprit qu’il ressentait les mêmes sentiments, qu’il était désolé du retard, de ces années perdues pour des histoires et que maintenant il avait enfin compris que le moment était venu de lui faire comprendre qu’il l’aimait depuis longtemps tout comme elle le désirait depuis une éternité. Hermione lui serra la main pour lui dire qu’elle avait capté le message. Harry arriva à ce moment là, les yeux pleins de larmes mais son regard montrait une détermination à réussir dans la tâche qui lui était donné. Ils prirent leur bagages, se retournèrent une dernière fois pour regarder leur amis. Harry aperçut Ginny dans les bras de Fleur, Molly dans ceux de Arthur et Hagrid qui se mouchait encore dans son grand mouchoir. Harry se plaça entre Ron et Hermione. Il les regardèrent chacun leur tour dans les yeux comme pour leur dire que c’était le moment. Il se pencha enfin pour observer Lupin et Tonks qui se tenait la main. Puis Harry se dirigea vers la porte suivit des ses nouveaux compagnons. Ils ne se retournèrent pas. Les autres étaient restés dans la maison sous l’ordre de Remus. Une fois au bout du chemin, Harry regarda une dernière fois le paysage alentour comme pour ce souvenir dans chaque détails de ce petit bout de paradis pour lui où il avait vécu tant de choses. Au bout d’un moment il prit la parole :
- Nous devons aller à Godric Hollow. C’est là où tout à commencer et je veux y aller.
Chacun sortit sa baguette, s’apprêtant à transplaner. Remus partit le premier suivit de Ron, d’Hermione, de Tonks et pour finir de Harry. Mais juste avant de se concentrer sur les trois D, il se tourna pour regarder une dernière fois le Terrier. Il inspira profondément.
- Je t’aime Ginny, et je ferrais tout pour te protéger. Adieu.
Une dernière larme vint se perdre sur sa joue. Une seconde se passa puis en un tourbillon, Harry disparut. Les 5 sorciers avaient disparus ne laissant derrière eux des liens plus forts que tout, plus fort que la mort. L’amour.
FIN
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