Disclaimer : Tout appartient à JK ROWLING, sauf une grande partie de l'histoire et deux personnages, Fionna Papillionis et Apolline Jorgensen.

Public : Tout public.

 

Lily et James sortirent du cachot froid de Slughorn, sans prononcer ne serait-ce qu'un mot. L'ambiance était pesante, et les deux pensaient à la même chose : que faire la semaine prochaine ? Ils allaient apprendre des secrets l'un sur l'autre, certains plus compromettants que d'autres... C'était si embarrassant mais pourtant tellement excitant.

Le silence domina jusqu'à ceux que les deux Gryffondors arrivent devant le portrait de la Grosse Dame.

 

-Lily, euh, je vais aller à la bibliothèque... Pour ... euh ... faire ... mondevoirpourflitwick ! dit maladroitement James.

-Quoi ? Je n'ai absolument rien compris à la fin de ta phrase James !

-Je vais faire mon devoir pour Flitwick ... tout de suite.

-Une semaine à l'avance ? Toi !

-Quoi "moi" ! Tu insinues quoi? J'ai juste envie de me débarrasser de ça au plus vite.

-C'est une bonne idée... Je viens avec toi si t...

-NON ! s'écria James, pris de panique. Euh, non, j'voulais dire... J'aimerais être un peu seul, parce que sinon, on ne pourra pas se concentrer si on est les deux... J'aurais envie de te parler... mentit-il.

-Oh je comprends, répondit Lily, déçue.

 

En voyant que le visage de la dame de ses pensées avait subitement laissé place à la déception, il reprit rapidement la parole pour rattraper sa maladresse.

 

-Mais si tu veux venir d'ici une demi heure y'a pas de problèmes, Lily.

-D'accord ! Conclut-elle en retrouvant son sourire.

 

Il partit le coeur un peu plus léger en direction du territoire de Mrs Pince. Quant à Lily, elle donna le mot de passe à la gardienne de l'accès à sa maison, et y pénétra. Elle s'assit sur un des confortables et douillets fauteuils en velours rouge, qui se tenaient près du feu, qui crépitait doucement dans la cheminée en dégageant une douce chaleur. Elle repensa alors à ce que leur avait dit Slughorn : "Ils ne dureront qu’une minute... Alors si vous désirez connaître vos petits secrets, choisissez bien ceux qui vous intéressent le plus, mes enfants !" .

 

Oui c'est cela, ceux qui m'intéressent le plus! Mais quel sujet je n'aborde jamais avec James ! Le Quidditch ? Non, pas du tout ! Hum... Les maraudeurs ? Ben non en fait, je sais plein de choses sur eux... Enfin non, mais ça m'intéresse pas plus que ça... Sur sa famille ? Non je sais tout sur sa famille... Sur ses amours ? Non je ... Ses amours ! Mais bien sûr ! C'est vrai qu'Alice m'en avait parlé, et il est vrai qu'à chaque fois que j'ai lancé ce sujet, il a vite dévié la conversation ... C'est le meilleur moyen de tout savoir ... Je ne sais même pas s'il en parle avec Peter, Sirius et Remus... Remus aussi ! Je lui demanderais pourquoi il est absent tous les mois... parce que l'excuse de sa mère qui tombe malade... c'est un peu bizarre au bout de 7 ans ... Pff, j'ai déjà deux questions, d'ici lundi prochain, je trouverai peut être bien autre chose ... en 1 minute, je ne pense pas qu'on puisse poser plus de trois questions. Enfin qui ... AÏE !

 

Lily sortit de ses pensées lorsqu'elle sentit quelque chose lui pincer le doigt, plutôt fortement. Elle sursauta et se tourna vers sa droite. Une chouette hulotte, de petite taille, la regardait d'un air courroucé, en lui tendant sa patte droite, à laquelle était accrochée une lettre violette, que Lily reconnut tout de suite.

 

-Merci Hydromel ! dit Lily en détachant la lettre que lui tendait sa chouette.

 

Elle lui caressa doucement la tête et monta dans son dortoir, sa chouette sur le bras. Une fois assise sur son lit, Lily attrapa une boîte remplie de gâteaux spéciaux, sur laquelle était écrit en lettre jaune "Strigicake". On y voyait une chouette et un hibou voler. Elle en sortit deux petits biscuits qu'elle déposa sur son lit. Sa chouette sautilla jusqu'à ses récompenses et hulula joyeusement. De son côté, Lily ouvrit l'enveloppe violette et en sortit une lettre accompagnée d'une photo. Mais elle se surprit elle-même lorsqu'elle délaissa la photo, sans même la regarder, pour se pencher immédiatement sur la lecture de sa missive. Son intuition sur l'identité de son expéditeur ne l'avait pas trompée, et ne fut que renforcée lorsqu‘elle vit l‘écriture bleu turquoise fine et pointue de la lettre.

 

 

"Salut Lily,                                                                        Londres, le 05 novembre 1977

 

 

Comment ça va ? Ça faisait un petit de bout temps qu’on n’avait pas eu de nouvelles de toi. Tu me manques énormément, tu ne peux pas t’imaginer. Comment se passe tes cours? Je pense que tu dois y arriver, vu tes capacités. Les parents désiraient que je te demande si tu voulais ou non, rentrer chez nous pour noël. Et comme je devais te renvoyer Hydromel, j’en profite pour te passer le message maintenant, car je craignais qu’ensuite il ne soit trop tard pour te communiquer cette requête. J’aimerais que tu reviennes, ma Lily. J’ai tellement de choses à te raconter. Tu verrais le gilet que maman a tricoté pour papa ! C’est hilarant ! Il est assez grand pour que trois personnes tiennent dedans, gris avec des rayures rouges et il n’a pas de manches. On dirait presque une cape ! J’ai étouffé un de ces fous rires lorsque maman le lui a offert... Tu aurais vu sa tête! Enfin ... Voilà les petits potins du mois...

Je tiens à t’informer aussi que je sors avec un gars depuis trois semaines... Je l’ai rencontré il y a un an à mon club de scrabble. On avait sympathisé et on était resté en contact. Et cet été quand je sortais, c’était avec lui. Je ne t’en avais pas parlé avant... Tu es ma soeur, ma confidente... On s’est toujours tout dit et là je ne t ‘en parlais pas, je ne sais même pas pourquoi... Mais je voulais que tu sois la première à le savoir ! Ce qui est fait maintenant. Je voudrais te le présenter dès que tu rentreras. Il s’appelle Vernon, et est âgé de 19 ans. D’ ailleurs la photo jointe est une photo de nous deux mi-octobre.

 

Je vais te laisser sur cette petite note joyeuse.

Je pense fort à toi, et j’espère que tu me répondras au plus vite.

Nous t’embrassons tous très fort.

 

Ta petite Fleur, Pétunia. "

 

 

 

Lily n’en revenait pas ! Sa soeur lui avait caché qu’elle fréquentait un gars... C’était vraiment la première fois que ça arrivait. Elle prit alors la photo pour mettre un visage sur ce fameux Vernon. Elle retourna la photo et fut stupéfaite par cet homme. Il était châtain, avec de petits yeux marron. Il était enrobé et son sourire n’avait rien de très naturel. Il avait une petite moustache bien taillée, qui lui donnait un air plus vieux. La surprise de Lily reposait en cet individu : sa soeur ne l’avait pas habituée à ce genre de gars, c’est tout ! Lily s’en fichait qu’il soit blond ou brun, nain ou normal, handicapé ou pas : elle souhaitait juste que sa soeur soit heureuse. Et vu le sourire que Pétunia arborait sur la photo, Lily comprit que sa soeur nageait dans le bonheur. C’était le principal. Pourtant elle ne percevait pas l'ami de sa soeur comme Pétunia le voyait : elle trouvait que son sourire était forcé, et pensa qu'il n'avait pas une tête à aimer les plaisanteries. Elle rangea soigneusement sa lettre avec les autres et posa la photo de sa soeur sur sa table de nuit. Elle attrapa un parchemin, une plume et de l’encre verte émeraude, afin de répondre à sa petite soeur.

 

 

 

 

« Ma petite fleur,                                                            Poudlard, le 06 novembre 1977

 

 

Je suis si contente de revoir Hydromel accompagné de ta réponse ! Tout d'abord, je vais répondre à tes questions. Oui je vais bien, et j'espère qu'il en va de même pour toi et les parents. Sinon mes cours se passent bien aussi! C'est super intéressant. Mais c'est tout de même plus compliqué, et les profs nous mettent la pression pour les examens de fin d'année, malgré tout je m'en sors pas mal !
Tu te rappelles de James Potter, le gars horripilant qui me collait tout le temps? Lui et moi sommes devenus amis ! Comme quoi... Tout peut changer en peu de temps. Il m'accompagne au bal de Noël ! Je te raconterai comment la soirée se sera passée lorsque je te verrai, à Noël, puisque j'ai l'intention de rentrer pour les fêtes.

Il me tarde déjà de revoir ma petite chambre, mes affaires, et par dessus tout vous trois ! Vous me manquez à un point que vous ne pouvez pas imaginer !

Sinon je suis si heureuse pour toi ! Mais il est vrai que je fus surpris en regardant la première fois la photo, tu m'avais habitué à des garçons genre "minet"... et surtout à des personnes qui semblaient plus joyeuses en apparence... Je ne permets pas de juger Vernon, étant donné que je ne le connais absolument pas. Mais sache que j'approuverai toujours tes choix, ma petite fleur.

Sur ce je vous embrasse tous les trois, en vous confirmant de nouveau ma présence pour les fêtes prochaines.

 

Je vous aime fort !

 

Lily, ta grande fleur. »

 

 

Elle roula le parchemin et l'attacha à la patte de sa chouette qui ne parut pas enchanter de devoir s'en aller de nouveau aussi vite. Lily entama un mouvement de descente, en direction de la bibliothèque.

 

Pendant ce temps, James avait fait des recherches sur le sortilège qu'il avait étudié le matin même, et découvrit que le sortilège d'apaisement avait été créé par un guérisseur du nom de Quietus De Morentin, qui avait dû soigner les nombreuses migraines d’Ulric le Follingue. Ce dernier avait la sale habitude de dormir entouré d’Augureys, qui étaient à l’origine de ses maux. Il s’arrêta alors d’écrire et alla replacer le livre qu’il lisait sur une étagère. C’est alors qu’il repensa aux questions qu’il devrait poser à Lily la semaine d’après.

 

« Si je lui demande si elle m’aime, c’est trop banal ... Et j’ai vraiment peur d’être déçu par la réponse... Donc je vais plutôt m’abstenir. Oh là là ! Mais que vais-je lui demander... Et puis que me demandera-t-elle? Mais bien sûr ! C’est évident... Ce que je désire savoir, c’est ce qu’elle sait de moi... et ce qu’elle en pense ! Eh bien les voilà mes interrogations! »

 

Il repartit en direction de sa table... Lily devait arriver d’un instant à l’autre. Elle allait arriver... ses beaux cheveux roux flottants dans les airs derrière elle, ses yeux émeraude si profonds... Il en était amoureux, mais ce n’était pas une attirance physique seulement, c’était une attraction invisible, dont la puissance lui échappait, qu’il ne comprenait pas ... Il ne savait pas pourquoi, et ça pour lui c’était l’amour. Ce besoin de tout savoir d’elle, d’être bien avec elle, de vouloir être tout le temps avec elle... Ce désir qui provoquait des hallucinations chez lui au point de la voir partout, dans le parc, dans ses rêves, et ... à sa table en train de lire son devoir pour Flitwick ... Quoi ! James sortit aussitôt de ses flâneries et constata que cette fois ci, que ce n’était absolument pas le fruit de son imagination : « sa » Lily était là, devant lui, en chair et en os.

 

-Ha, James te voila ! Je me demandais où tu étais passé !

-Eh bien, j’étais parti reposer mon livre... Ça fait longtemps que tu te trouves ici ?

-Euh non 2 minutes. La partie de ton devoir que j’ai lue m’a l’air fort intéressante, tu sais...

-Oh merci Lily.

-Au fait James, pour tout à l’heure, étant donné que tout le monde a été mis au courrant par Slughorn de notre supercherie... j’ai pensé que nous pourrions dévoiler notre amitié en toute liberté maintenant, et qu’il serait bête de ne pas le faire, puisque nous avons été mis à découvert par ce vieux morse ! dit Lily, les yeux pleins de malice !

-Tout à fait d’accord, Miss !

 

Tous deux éclatèrent de rire. Puis lorsqu’ils cessèrent ils commencèrent à se regarder dans les yeux... James était envoûté et Lily se perdait désormais dans les yeux noisettes de James... il était si mignon ... Lily se ressaisit subitement et cassa cet instant magique en adressant la parole au Gryffondor :

 

-Je voulais te demander un service...

-Oui dit, Lily !

-Eh bien tu sais pour le bal, Alice aimerait beaucoup y aller avec ...

-Franck.

-Pardon ?

-Franck Londubat ... Je me trompe ?

-Euh, non, justement ... Comment le sais tu ?

-J’ai dit son nom au pif ... Enfin pas tout à fait ... En fait, Franck souhaite y aller avec elle. Mais il ne trouve pas le courage de le lui demander ...

-Y’aurait moyen que tu lui donnes un petit coup de pouce, histoire d’accélérer les choses ? Il suffit juste d’insinuer qu’Alice n’a personne et qu’elle voudrait apparemment qu’il l’invite, et le tour serait joué !

-Pas de problème, « Ma Lily » se dit-il dans sa tête.

-Je te suis sincèrement reconnaissante James ! Tu m’as beaucoup aidé en une journée.

-On est quitte ! Tu m’as prévenu avant les autres pour le bal et les sorties à Pré-au-Lard

-C’est pas équitable, je te dois encore beaucoup de choses! dit-elle à la fois gênée et indignée

-Pour moi ça l’est ! répondit-il gentiment, en lui adressant un sourire magnifique.

 

Sur ce Lily commença son devoir, tandis que James lui le termina et aida son amie.

La semaine fut chargée en travail. Le professeur McGonagall leur avait fait étudier la métamorphose humaine en animaux. Les animagi seraient vu plus tard, étant donné que ce cas était compliqué. Pour l’instant ils devaient transformer des humanoïdes en crapaud. Des Gnomes, plus précisément. Ils avaient pour obligation de faire trois rouleaux de parchemins à ce sujet. En Défense Contre les Forces du Mal, ils commencèrent l’apprentissage du sortilège du patronum et avaient pour obligation de s‘y entraîner. Ils passèrent leur week-end à travailler.

Le lundi matin arriva vite, trop vite pensèrent les élèves de 7° année. Le cours d’enchantements se passa bien, mais ils n’apprirent rien de nouveau. Ils durent juste s’entraîner à lancer le sort d’apaisement sans le prononcer la formule.

La pause du déjeuner parut longue et l’atmosphère était tendue. Les Gryffondors et les Serpentards partirent en direction des cachots humides et obscurs.

 

-Bonjour à vous tous! Commençons sans plus attendre notre cours... Vos véritaserum sont plus ou moins réussi...

-Pardon Professeur ? Coupa Rogue

-Oui mon garçon ?

-Vous osez appeler ça du véritaserum ! Un véritaserum digne de ce nom se fait en un mois.

-Oui exactement... Mais je vous ai prévenu la semaine dernière que ceux que vous avez préalablement concoctés sont très peu puissant et de très courte durée... C’est une sorte de véritaserum ... Si vous faites des études d’aurors, vous apprendrez à faire un vrai véritaserum, dans le cas contraire, vous vous débrouillerez seul ... Mais ce n’est pas une notion exigible aux ASPIC, je ne vois donc aucun intérêt de vous apprendre sa fabrication, étant donné que notre programme est déjà très lourd ...

-Mais... protesta Rogue

-Bon je continue, lança Slughorn qui feignit de n’avoir rien entendu. Vous devrez tout d’abord allez chercher vos préparations afin de les terminer...Ah oui je ne vous avait pas dit ... Il faut que vous la réchauffiez jusqu’à ébullition, suite à quoi vous devrez la refroidir en y ajoutant une pincée de poudre de glace éternelle. Ça parait bizarre, mais c’est indispensable ... Ah oui j’oubliais, je félicite tout particulièrement Mr Malefoy, Mr Rogue, Miss Evans et Mr Potter, pour avoir réussi parfaitement leur potion ... Elles étaient parfaites. Je vous accorde donc 20 points chacun ! Au travail, les enfants !

-James, tu vas chercher nos flacons ?

-Nos fioles ? Ben oui, vas-y !

-Euh ... Je te demandais si tu voulais y aller ! Je t’ai pas affirmé que j’y allais !

-Oh ! Désolé ! Oui j’y vais...

 

Deux minutes après, James revint avec leur fiole. Il les versa les deux dans un tout petit chaudron et Lily alluma le feu. Elle tourna pendant 5 minutes et leur liquide se mit à bouillir. James ôta le chaudron du feu et Lily l'éteignit. Elle partit chercher une pincée de poudre de glace éternelle et la lança dans la potion bouillante. James remua quelques secondes, pour dissoudre a poudre. Ceci étant fait. Lily reversa la potion dans les deux fioles.

 

-Qui commence alors? demanda James, nerveux

-Toi pardi !

-Quoi ? dit James qui ne voulait et ne pouvait pas passer en premier.

-Ben je sais pas tu demandes !

-Ben non, tu n'as qu'à passer en première, par galanterie !

-Ok

 

Elle allait boire sa potion mais James la rattrapa !

 

-Eh mais c'est toi qui commence à poser les questions ! dit-il

-Mais, faut savoir ce que tu veux ! Rétorqua la jeune femme aux yeux émeraude. C'est ce que je te disais au début !

-Oh ... Désolé, je n'avais pas compris... C'était un dialogue de sourd. Conclut-il amusé.

-Prêt ? Bois maintenant !

-OK...

 

James ôta le bouchon de sa fiole et regarda le liquide avec une certaine appréhension. Il lança un rapide regard à Lily et lui murmura

 

-S'il te plaît, évite les sujets trop intimes...

 

Et il avala sa potion cul sec. Il sentit un flux le traverser et sentait qu'il ne pourrait rien cacher mais soudain il ne se rendit plus compte de rien.

 

-James je vais faire vite... Je n'ai que peu de temps. Je voudrais savoir la raison exacte des absences de Remus ... Chaque mois, depuis sept, ans il disparaît quelques jours, prétextant que sa mère est malade, est-ce vrai ? Moi je ne pense pas car vous l'accompagner souvent ...

-Eh bien non ce n'est pas vrai... sa mère n'est pas malade. C'est lui.

-C'est grave ?

-Oui.

-Incurable ?

-Oui.

-Et sinon...

 

Lily regarda sa montre, affolée, il ne lui restait que 30 secondes.

 

-As tu une fille en vue ?

-Oui

-Elle est belle ?

-Magnifique, c'est une vélane ...

-Tu la connais bien ? Et elle te connaît bien ?

-Je connais presque tout d’elle mais elle ne sait que peu de choses sur moi, même si elle croit en savoir beaucoup.

-Et vous vous connaissez depuis longtemps ?

-Oui

-Tu en es amoureux ?

-Oui, fou amoureux, je donnerais ma vie pour elle !

-Et je voudrais savoir un dernier truc ... Comment s’appelle-t-elle?

-Elle s’appelle ...

-Oui

-Qu’est-ce que tu veux savoir Lily ?

-Comment elle s’appelle ?

-Qui ça ?

-Ben la fille !

-Quelle fille

-Fait pas l’idiot !

-Ben je fait pas l’idiot Lily ... c’est à ton tour !

-Oh mince ! s’écria-t-elle déçue. Mais non c’est pas humain ce que tu viens de me faire !

-Ben je pense que toi non plus ... Je sens que tu m’as demandé des trucs persos ! Allez vite bois ta fiole.

 

Lily était extrêmement curieuse... Mais qui pouvait être cette fille ? Il l’a connaît depuis longtemps et sait presque tout d’elle... Lily ne voyait pas ... Elle se résigna à boire sa potion

 

-Lily... Tu es prête

-Bien sûr !

-Je voudrais savoir ce que tu m’as posé comme première question !

- Je t’ai demandé pourquoi Remus était absent ...si ses excuses étaient vraies ...

-Et que sait tu sur Remus ?

-C’est un garçon mignon, intelligent, sympa, qui paraît pourtant triste... Il évite d’avoir des relations avec des filles. J’ai appris grâce à toi que sa mère n’était pas malade, mais que lui était atteint d’une maladie incurable grave.

- C’est tout ?

-Oui

-Et ensuite que m’as-tu demandé?

-Si tu étais amoureux en ce moment.

-C’est pas vrai ! dit il un tantinet agacé.

-Ben si !

 

James se sentait trahi... Comment avait elle pu lui faire ça dans le dos? Si elle voulait le savoir, elle aurait due être directe... Pas avoir recours à du véritaserum ...

 

-Et que t’ai-je dit ?

-Que tu étais amoureux d’une vélane ...à un point que tu donnerais ta vie pour elle. Tu la connais depuis longtemps et tu sais beaucoup de choses sur elle, qui au contraire ne sait que peut de choses sur toi, contrairement à ce qu’elle pense. Mais tu ne m’as pas dit qui elle était.

 

James se sentit un peu soulagé.

 

-Et toi, ça te toucherait que quelqu’un t’aime à ce point ?

-Énormément... c’est incroyable.

-Lily je voudrais savoir si tu m’aimes.

-Écoute, je pense que tu es un gars super et je trouve que... je ne sais plus ce que je disais ...

-Quoi ?

-Oui je ne sais plus ce que tu m’as demandé ! Ça peut arriver ... Ah l’effet de la potion est terminé !

-Que m’as tu posé comme questions ?

-Euh... rien ! Et toi ?

-Eh bien comme je me doutais que tu ne me le dirais pas, j’ai anticipé !

-Je ne suis pas sûre de comprendre...

-Je t’ai demandé ce que tu m’avais demandé !

-C’est déloyal ! s’écria Lily, en colère

-Parce que tu crois que ce n’est pas déloyal de me demander des choses personnelles telles que ma vie privée et celle de Remus ! S’emporta James.

 

Tout le monde se tut et les regarda. Remus fut abasourdi d’entendre que Lily avait posé des questions à son sujet à James.

 

-Quoi? Souffla Remus à l’autre bout de la pièce.

-Désolé Remus... dit Lily qui sentit son sang monté à ses joues.

-Mais c’est pas possible ! Qu’est-ce qui t’as pris de demandé des choses à mon sujet ! T’es pas assez courageuse pour m’en parler ?

-Non ce n’est pas ça... mais...

-T’énerves pas Remus. Elle sait presque rien...

 

Personne n’avait osé bouger et ils écoutaient tous la conversation !

 

-Mes enfants, du calme ! Tout le monde retourne à son travail ! dit Slughorn pour calmer les foules.

-James je suis désolé ... je suis lâche...

-Je ne te le fais pas dire ! Cracha-t-il furibond.

-Mais, attend ! Je n'avais pas beaucoup de choix ! Tu ne me disais rien ! Tu évites tout le temps le sujet !

 

James était soufflé, il ne savait pas quoi répondre à cela : c'était vrai mais tout de même !

 

-Lily, tu ne t'es jamais demandé pourquoi je déviais le sujet ?

-Ben si ! C'est pour ça que je t'ai posé la question, tu ne m'as pas laissé le choix ! Inconsciemment tu m'y as forcé, grand benêt ! Lui lança-t-elle amusé, venant de regagner confiance en elle.

-Ok ! Conclut James, qui s'était fait avoir en beauté

 

Il se trouvait bête, il venait de s'emporter inutilement et trop rapidement pour des sottises ! Il releva la tête, son teint aillant légèrement rosit.

 

-Ok Lily, t'as gagné cette fois ci, lui dit-il un sourire en coin. Par contre vaudrait mieux que tu ailles t'expliquer auprès de Remus pour la question ...

-James, tu me fais confiance ?

-Oui, bien sûr, si tu me promets de ne plus utiliser de véritaserum sur moi !

-Oui, sans problème ... Je peux donc te poser deux questions ?

-Hmmmm, ouai... vas-y j'écoute ... mais je me réserve le droit de ne pas y répondre! Finit-il sérieusement.

-Bon c’est d’accord... Remus, ça fait longtemps qu’il est malade ?

-Euh ... tu gardes ça pour toi ?

-Bien sûr !

-Oui, avant d’arriver à Poudlard... Mais on l’a appris en 2° année. Pis on le soutient...

-C’est incurable ?

-Oui... et je ne pense pas qu’on trouve un remède à cela un jour !

-Oh ... Il est condamné alors ? dit-elle, sentant son estomac se nouer.

-Non... il n’en mourra pas ... Mais ça le fatigue énormément...

-Oh ... Ça me rassure un peu ... Et c’est une maladie virale, bactérienne ? Ça s’appelle comment ?

-Euh, ben là, je te demanderais de poser ces questions à Remus ... Je ne suis pas la personne qui doit te répondre ...

-Ok ... Et sinon je voudrais savoir ...

-Oui ?

-Qui c’est ?

-Hein ?

-La fille dont tu es éperdument amoureux !

-Je ne répondrais pas... dit-il, l’air grave et soudainement très sérieux.

-Pourquoi ? On pourrait en parler ensemble !

-j’en doute fort ! Murmura-t-il, soudainement plongé dans de sombres pensées.

-Mais pourquoi ?

-Tu m’avais promis de ne pas insister si je ne voulais pas répondre ! Lui lança-t-il sur un ton cinglant.

-Du calme James ! répondit Lily pour se protéger. Je suis désolée ! Je me tais.

 

Le cours de potion se termina sur cette note un peu tendue. Lily rattrapa Remus à al sortie du cours et l’entraîna dans le parc. Il faisait froid et le ciel était chargé d’épais nuages gris sombre. Ils marchèrent 5 minutes et s’assirent au bord du lac.

 

-Remus, je suis désolée pour tout à l’heure.

-Ouai ... dit-il mélancolique. Le temps de le dire ...

-Non, ne dit pas ça ... Ça me fait mal de t’entendre me dire ça !

-Parce que tu crois que ça ne fait pas mal de voir que les personnes à qui tu donnes ta confiance parle de ta vie privée dans ton dos, par des moyens perfides sans qu’elles aient le courage de venir te demander ces choses en face ! Cracha Remus, dont les yeux venaient de s’embuer.

-Je suis profondément désolée, je te le répète Remus... je tiens trop à toi pour te vouloir du mal. Je pensais que tu ne voulais pas en parler et je ne savais pas que tu étais ... malade. Je voulais simplement savoir si c’était une vraie excuse l’histoire de ta mère.

Pour seule réponse, Remus éclata en sanglot.

-Non, Remus, ne pleure pas je t’en prie... Je ne voulais pas te blesser. Je comprendrais que tu m’en veuilles. J’avoue que j’ai pas assuré aujourd’hui ... Mais je m’inquiète pour toi Remus. Je tiens à toi... lui avoua-t-elle.

 

Elle le prit dans ses bars, comme une mère fait pour rassurer son enfant. Remus quant à lui fut surpris d’entendre une fille lui dire qu’elle tenait à lui. Cela lui fit un bien fou. Il releva sa tête et la regarda à travers ses larmes. Elle le trouva alors si craquant et si démuni. Elle lui déposa très rapidement un baiser sur ses lèvres, humidifiées par les larmes. Remus n’en revenait pas. Il imita la jeune fille mais ne détacha pas ses lèvres. Le baiser commençait à durer et ils allaient commencer à l’approfondir, quand ils eurent, par hasard, un remord et se séparèrent avec une célérité inégalable, au même instant.

 

-Je suis désolé Lily... Je me sentais mal et tu es la première fille à m’avoir dit ça ... Je me suis laissé emporter ... Je n’éprouve pas d’amour pour toi... Je t’apprécie énormément et tu es une amie... Je ne souhaite pas qu’on se rapproche d’avantage... Ne le prends pas mal...

-Moi aussi je suis désolée... Tu m’as fait craquer. Et sache que je pense exactement la même chose que toi... Tu es un ami Remus... Et sache aussi que tu peux tout me dire...

-Oui Lily...

-C’est une maladie chronique que tu as alors Remus... incurable en plus ...Qu’est-ce que tu peux bien avoir pour ...

 

Lily se figea ... Elle pensait avoir compris ... Chaque mois... Une maladie, chronique, incurable, mais dont on ne meurt pas... Ni virale, ni bactérienne... Une sorte de mutation due à une infection ... Elle comprit sa douleur ...

 

-Alors tu es atteint de lycanthropie ? Marmonna Lily dans un murmure inaudible.

-Pardon ? dit Remus soudain affolé

-Remus... Je ne connais pas d’autres maladies qui soient chronique, qui t’obligent à t’éloigner des autres, qui soit incurable mais pas mortelle... que la lycanthropie. Oh Remus, mon pauvre ...Dit moi que je me trompe! Lança Lily, un peu apeurée mais surtout pleine de compassion pour Remus.

-Non Lily, tu ne te trompes malheureusement pas ... finit Remus sur un ton funeste et las.

-Je serai TOUJOURS là pour toi, Remus ! Je me tairai, je te soutiendrai... Oh ... mon pauvre... Tu es remarquable ! Tu es toujours si souriant, si gentil, alors que tu es atteint de cette maladie !

-Je me dois d’être ainsi. Je ne veux rein laisser transparaître, et si je veux oublier ma condition, je pense que le rire est la meilleure des choses... Une maladie, ça ne doit pas te gâcher une vie pour autant, faut juste apprendre à vivre avec.

-Tu as bien du courage, et je t‘admire énormément.

-Merci Lily.

 

Elle l’étreignit et ils restèrent ainsi deux minutes. Remus sentit sa peine se dissipée et Lily encaissa le choc qu’elle venait de recevoir.

 

-Aller, Remus ... On y va ?

-Oui.

-Au fait, sujet totalement différent et surtout très futile...

-Vas y dis toujours !

-James est amoureux... Mais de qui ? Parce qu’il ne l’est plus de moi d’après ce que j’ai compris ... Il aime une fille d’une grande beauté, qu’il connaît depuis longtemps ...

 

Remus eut un petit rire. Et regarda Lily de biais.

 

-Je pense que tu devrais laisser tomber ... même à nous il parle peu ... Je connais cette fille. Je la connais pas mal ... mais je pense que tu devrais t’adresser à James pas à moi... Il te répondra un jour ... Mais je ne pense pas que ce soit le moment.

 

Lily se sentit frustrée, mais se tut...

 

&&&&

 

La semaine se passa très bien jusqu’au samedi. Le seul hic fut que Lily demandait au minimum dix fois par jour à James qui était la fille dont il était amoureux. Mais plus elle lui demandait, plus il se murait face à Elle. Mais elle insistait... James se sentait mal... il ne pouvait pas lui dire, il ne voulait pas ... et surtout il ne devait pas ...

Mais il ne tint plus lors de la sortie à Pré-au-Lard. Lily lui posait la même question pour la énième fois

 

-Allez James, soit sympa dit moi ? Le supplia Lily

-Non, Lily. Je ne peux pas, lui répondit-il pour la première fois.

-Mais pourquoi ?

-C’est comme ça Lily, dit-il l’air très grave.

-S’il te plaît James ! Ça nous ferait un sujet de conversation supplémentaire !

-J’en doute fort... « Je pense plutôt que ça ne nous ferait plus de sujet de conversation ... c’est trop risqué.. »Se dit il dans sa tête.

-Mais pourquoi ? C’est Alice !

-NON, Lily ! Arrête, je n’en peux plus ! Lâcha James !

-Génial ! Lui dit-elle, amusée, sans se rendre compte que James était plus que sérieux. Tu vas bientôt craquer... C’est Fionna !

James marqua une pause... Il voulait que ces questions incessantes et très fatigantes cessent, il se tourna vers Lily, la regarda droit dans les yeux, puis commença un long monologue :

 

-Tu souhaites vraiment le savoir ? Tu insistes ? Je n’arrête pas de te dire de me lâcher Lily avec ça... Je te demandes simplement d’arrêter c’est trop dur ! Je crois que oui ... Alors ne viens pas te plaindre après ... Je t’avais prévenue de ne pas t’intéresser à ça... Je n’aime ni Fionna, ni Alice, ni aucune autre fille, dont tu m’as parlé ! Je ne suis pas non plus attiré par les garçons... j’aime une fille, une seule... mais elle ne m’aime pas... Pas comme je le voudrais... elle ne comprenait pas pourquoi je l’aimais autant ... A chaque fois qu’elle m’a repoussé j’ai sentit en moi une déchirure... Je souffre depuis si longtemps ... Tu sais mes périodes sombres de début d’années sont dues à ça Lily Evans, oui à cet amour que je me suis promis de refoulé et d’oublier ... Je n’en voulais plus... Mais il est plus puissant que ma volonté! Tu comprends... Ce n’est pas un feu de paille... Je l’aime ... Je t’aime ... Oui Lily, cette fille c’est toi ! Hurla-t-il, en pleur.

 

Lily n’enregistra pas les trois dernières phrases.

 

-Quoi ? Je n’ai pas compris...

-Je t’aime... Tu peux le comprendre ça ?

 

Son visage exprimait la souffrance : il souffrait ...Il souffrait de cet amour, il en pâtissait... Oui cet amour ... C’était une passion.

 

-Oh, James... Non ... s’il te plaît... Dis moi que tu délires ! C’est pas vrai ! dit-elle désemparée et affolée

-Tu crois peut-être que je suis pas sérieux ? Es-tu aveugle à ce point? Ou alors tu es aussi stupide qu’une serpentard pour rien voir et ne rien avoir vu plus tôt ? Je voulais étouffer mon amour pour toi avec une amitié!

-C’était complètement stupide James ! Lui lança Lily, sèchement, en entendant la dernière phrase de son ami.

-C’est ça, vas y enfonce moi ! Je t’avais prévenu ! Tu as voulu savoir ! Tu le sais ! Ne te plains pas !

-Mais tu te rends compte James ! Dit elle les larmes au yeux. Elle voulait pleurer mais elle en savait pas pourquoi.

-Non pas du tout ! Bien sûr que si ! Que tu peux être sans coeur quand tu t’y mets ! Tu es aussi aveugle que ça ? Je m’attendais à une autre réaction de ta part, Evans ! Lui lança-t-il, courroucé.

 

Lily fondit en larme : James lui avait asséner le coup de grâce. Elle courut en direction du château, sanglotante. Son départ précipité fut pour James comme un sot d’eau glacé qu’on lui envoyait à la figure. Sa colère et sa déception se dissipèrent rapidement, et il pris très vite conscience de son manque de tact immense et des vacheries qu’il venait de dire à sa muse. Il entreprit de la poursuivre... Il se murmura alors :

 

« Eh voila ! Je suis un crétin finit ! J’aurais mieux fait de contenir ma colère ... Mais elle a rien fait pour m’aider et d’un côté elle voulait le savoir, maintenant c’est fait... Pfff, Je crois que certaines vérités sont un peu trop lourdes à porter ... »

 

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